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Sécurité en Shibari : les bases à connaître avant d’attacher

La sécurité en Shibari ne commence pas avec un nœud, un harnais ou une suspension. Elle commence avant de poser la première corde.

Attacher implique une responsabilité envers la personne encordée. Connaître une figure ne suffit pas : il faut savoir communiquer, observer, adapter ses tensions et être capable d’interrompre immédiatement ce que l’on est en train de faire lorsqu’une situation l’exige.

Le risque zéro n’existe pas en Shibari. L’objectif n’est donc pas de présenter une pratique prétendument sans danger, mais de comprendre les risques, apprendre à les reconnaître et mettre en place des habitudes qui permettent de les réduire.

La sécurité n’est pas une étape du Shibari. Elle accompagne chaque corde, du début à la fin.

Dans ce guide, je vais revenir sur les bases que j’enseigne dès les premiers cours : consentement, communication, tensions, zones anatomiques à surveiller, signes d’alerte, ciseaux de sécurité et progression avant d’envisager la suspension.

1. Consentement et communication : dans les deux sens

Avant d’attacher, il faut savoir ce que les deux personnes souhaitent faire, ce qu’elles ne souhaitent pas faire et dans quel cadre la séance va se dérouler.

Le consentement en Shibari fonctionne dans les deux sens. Il concerne autant la personne encordée que l’encordeur.

Chacun doit pouvoir exprimer ses envies, ses limites, ses attentes et ses red flags. Et surtout, chacun conserve le droit de modifier son consentement à n’importe quel moment.

Un consentement qui peut évoluer

La personne encordée peut accepter une position, une sensation ou une intention au départ puis souhaiter ralentir, modifier ou arrêter quelques minutes plus tard.

Mais l’encordeur dispose exactement du même droit.

Il peut décider de ne pas réaliser une figure, de modifier ce qui avait été envisagé, de refuser d’aller plus loin ou d’interrompre complètement la séance si la situation ne correspond plus au cadre dans lequel il avait accepté de pratiquer.

Si mes limites ou certains de mes red flags ne sont pas respectés, je me réserve toujours le droit d’arrêter. Être celui qui tient les cordes ne signifie pas renoncer à son propre consentement.

Le consentement n’est pas donné par l’un et reçu par l’autre. Il se construit et se maintient à deux.

Parler avant d’attacher

Avant une séance, je prends le temps d’échanger sur les attentes, les limites et le niveau d’expérience de la personne que je vais encorder.

C’est également le moment pour moi d’exprimer mon propre cadre : ce que j’accepte de faire, ce que je ne souhaite pas faire et les situations dans lesquelles je préférerai modifier ou interrompre la séance.

Cette discussion permet aussi de définir comment nous allons communiquer pendant l’encordement et de rappeler une règle simple : à tout moment, chacun peut demander une modification ou décider d’arrêter.

Continuer à communiquer pendant l’encordement

La communication ne s’arrête pas lorsque les cordes commencent.

Je reste attentif aux réponses verbales, mais également aux changements de comportement, de posture ou de respiration. Lorsque quelque chose me paraît inhabituel, je préfère vérifier plutôt que supposer que tout va bien.

De son côté, la personne encordée doit pouvoir signaler une douleur, une sensation inhabituelle, un inconfort ou simplement l’envie de modifier ce qui est en train de se passer.

Et cette attention est réciproque : l’encordeur doit lui aussi pouvoir exprimer qu’une situation ne lui convient plus, qu’il ne souhaite pas poursuivre dans une direction donnée ou qu’il préfère arrêter.

Dire oui au début d’une séance n’oblige jamais personne à dire oui jusqu’à la fin.

2. Comprendre les principaux risques du Shibari

Une corde posée sur un corps exerce une pression. Selon son placement, sa tension, la position de la personne et la durée de l’encordement, cette pression peut avoir des conséquences très différentes.

En Shibari, il est notamment nécessaire de comprendre que certaines zones du corps sont plus vulnérables que d’autres et que les nerfs, la circulation, les articulations et les capacités de mouvement doivent être pris en compte.

Connaître l’existence de ces risques est indispensable. Mais savoir les reconnaître dans une situation réelle demande davantage qu’une liste de zones anatomiques ou de symptômes trouvée sur Internet.

Les principaux nerfs périphériques à connaître

Le schéma ci-dessous permet de visualiser quelques-uns des principaux trajets nerveux auxquels un pratiquant doit être sensibilisé. Il constitue un repère pédagogique, pas une carte permettant de déterminer automatiquement où une corde peut ou ne peut pas être placée.

Schéma des principaux nerfs périphériques et risques à connaître pour la sécurité en Shibari
Principaux nerfs périphériques et risques à connaître en Shibari. Ce schéma est un support pédagogique et ne remplace pas un apprentissage pratique.

Une sensation inhabituelle doit toujours être prise au sérieux

Douleur inhabituelle, engourdissement, fourmillements, perte de sensibilité ou difficulté à effectuer certains mouvements sont autant d’informations qui doivent conduire à réévaluer immédiatement ce qui est en train de se passer.

L’enjeu n’est pas d’apprendre par cœur une liste de symptômes, mais de développer une véritable capacité d’observation, de communication et de réaction.

En sécurité, le doute n’est pas une faiblesse. C’est une information dont il faut tenir compte.

Pourquoi un schéma ne suffit pas

Une représentation anatomique est utile pour comprendre où passent certains nerfs, mais elle ne permet pas à elle seule d’apprendre la sécurité en Shibari.

Le placement, la tension, l’angle, la position du corps, la morphologie, la durée et l’évolution de l’encordement doivent être observés ensemble.

C’est précisément pour cette raison que ces notions prennent tout leur sens lorsqu’elles sont enseignées, montrées puis mises en pratique sous supervision.

Ce guide peut vous aider à comprendre ce qu’il faut apprendre. Il ne remplace pas l’apprentissage pratique.

3. La tension ne s’improvise pas

En Shibari, savoir reproduire le trajet d’une corde ne signifie pas savoir encorder.

Lorsque j’enseigne, j’ai l’habitude de dire à mes élèves :

Le Shibari, c’est 30 % de technique et 70 % de tension.

La technique permet de comprendre une construction, le trajet de la corde, les frictions et la mécanique d’un encordement. Mais connaître cette construction ne suffit pas.

La tension donne réellement son comportement à la corde. Elle se construit avec le geste, la posture, la contre-tension, la manière dont la corde est conduite et la façon dont elle s’adapte au corps.

Deux personnes peuvent réaliser exactement la même construction et produire deux encordements complètement différents simplement par leur manière de gérer la tension.

Puis la technique finit par laisser davantage de place aux sensations

Avec l’expérience, cette proportion évolue encore.

Lorsque les gestes deviennent naturels et que l’on n’a plus besoin de réfléchir constamment au trajet de la corde, une autre dimension prend davantage de place.

Avec le temps, le Shibari devient 10 % de technique et 90 % de sensations.

Il ne s’agit évidemment pas d’une formule mathématique. C’est ma manière d’expliquer que la technique doit progressivement devenir suffisamment intégrée pour laisser davantage de place à l’écoute, au toucher, au rythme, à la tension, à la communication et aux réactions du corps.

Pourquoi cela s’apprend difficilement derrière un écran

Une photo peut montrer où passe une corde. Une vidéo peut montrer un geste. Mais ni l’une ni l’autre ne permettent réellement de sentir la tension appliquée par quelqu’un.

C’est précisément là que l’enseignement pratique prend tout son sens. Une correction de posture, quelques centimètres de différence dans un placement ou une tension différente peuvent modifier profondément le résultat et les sensations.

Dans les cours chez Attache-Moi comme dans mes sessions privées, je fais donc beaucoup travailler ces fondamentaux : placement, tension, contre-tension, gestion de la corde, posture et lecture des réactions de la personne encordée.

L’objectif n’est pas simplement de savoir reproduire une figure. C’est de comprendre ce que l’on fait avec la corde, puis progressivement de ne plus avoir besoin d’y penser pour pouvoir se concentrer sur ce qui se passe entre les deux personnes.

La tension ne s’improvise pas. La technique s’apprend. Les sensations se construisent avec la pratique.

4. Savoir interrompre un encordement

La sécurité, ce n’est pas seulement savoir construire un encordement. C’est aussi être capable de décider qu’il faut le modifier, le défaire ou l’arrêter.

Lorsqu’une situation évolue de manière inattendue, chercher absolument à terminer ce que l’on avait prévu n’a aucun intérêt. La priorité reste toujours ce qui se passe réellement entre les deux personnes.

C’est aussi pour cette raison qu’une paire de ciseaux de sécurité immédiatement accessible fait partie pour moi du matériel indispensable. Mais les ciseaux ne remplacent ni l’observation ni la décision : ils sont simplement un moyen supplémentaire d’agir rapidement lorsque la situation l’exige.

Défaire une corde, modifier une construction ou arrêter une séance n’est jamais un échec.

Cette capacité à renoncer à ce que l’on avait prévu fait elle aussi partie de l’apprentissage. Plus on pratique, plus on comprend qu’un encordement doit rester adaptable à la personne, à ses réactions et à l’évolution de la séance.

Si vous débutez et souhaitez connaître le matériel réellement nécessaire avant vos premières séances, consultez également notre guide du matériel pour débuter le Shibari.

5. Pourquoi commencer au sol avant la suspension ?

La suspension attire naturellement beaucoup de pratiquants. Elle est spectaculaire, exigeante et ouvre énormément de possibilités. Mais elle ne devrait pas être considérée comme quelque chose à essayer simplement parce que l’on connaît désormais quelques figures.

Avant d’ajouter la contrainte de la suspension, le travail au sol permet déjà d’apprendre une grande partie de ce qui fera la qualité et la sécurité d’un encordement : tension, frictions, gestion de la corde, posture, communication, adaptation et lecture des réactions du corps.

Le sol n’est pas une étape que l’on abandonne

Je ne considère pas le travail au sol comme un simple passage obligatoire avant de pouvoir suspendre.

On peut construire au sol des encordements extrêmement riches, techniques et intenses. C’est aussi un environnement dans lequel il est possible de travailler ses fondamentaux sans ajouter immédiatement les contraintes supplémentaires liées à la charge et à la suspension.

Et même avec beaucoup d’expérience, ces fondamentaux continuent à se travailler.

La suspension n’efface pas les fondamentaux. Elle les rend encore plus importants.

La suspension change les contraintes

Dès qu’une partie ou la totalité du poids du corps est transférée dans les cordes, les conséquences d’un placement, d’une tension ou d’une décision peuvent changer très rapidement.

Il faut alors apprendre à gérer non seulement la corde et la personne encordée, mais également les lignes, les charges, les points d’ancrage, le matériel utilisé et la manière dont l’ensemble évolue pendant la suspension.

C’est précisément le type de connaissances que je ne souhaite pas réduire ici à quelques instructions écrites. Voir une suspension et apprendre à la gérer sont deux choses très différentes.

Se former avant de suspendre

Si la suspension fait partie de vos objectifs, construisez d’abord des fondamentaux solides puis apprenez progressivement avec un enseignement adapté.

Dans mes cours, la suspension n’est abordée qu’après avoir travaillé les compétences qui permettent de lui donner du sens : qualité des tensions, maîtrise des frictions, placement, communication, body management et capacité à modifier rapidement ce qui est en train de se passer.

Ne cherchez pas à suspendre le plus vite possible. Cherchez d’abord à devenir meilleur avec vos cordes.

6. Pourquoi apprendre le Shibari accompagné ?

Les livres, les vidéos et les guides en ligne sont d’excellents supports pour comprendre une technique, revoir une construction ou approfondir certaines notions.

Mais ils ont une limite importante : ils ne peuvent pas observer ce que vous êtes en train de faire.

Ils ne peuvent pas sentir votre tension, corriger votre posture, voir comment vous gérez votre corde ou vous montrer immédiatement pourquoi un geste qui semble juste produit pourtant un résultat différent.

C’est précisément ce que permet l’apprentissage accompagné.

Apprendre en cours collectif chez Attache-Moi

Dans les cours collectifs Attache-Moi, nous travaillons progressivement les fondamentaux : sécurité, consentement, communication, gestion de la corde, contre-tensions, frictions, posture et qualité des tensions.

L’intérêt du cours est de pouvoir pratiquer, recommencer et surtout recevoir une correction immédiatement. Une tension peut être ajustée, une posture corrigée et un geste retravaillé jusqu’à ce que vous commenciez réellement à comprendre ce qui se passe dans vos mains.

La progression ne consiste pas simplement à accumuler des figures. Elle consiste à construire les bases qui permettront ensuite de les utiliser correctement.

Travailler en session privée avec HwG-Paris

Une session privée permet d’aller plus directement vers vos besoins : découvrir les bases, reprendre certaines difficultés, corriger votre tension, travailler votre gestion de corde ou approfondir un aspect précis de votre pratique.

Le contenu peut ainsi être adapté à votre niveau, votre expérience et vos objectifs plutôt que de suivre nécessairement la progression d’un groupe.

Je peux vous montrer une technique. Mais ce qui m’intéresse surtout, c’est de vous apprendre à comprendre ce que vous faites avec vos cordes.

Cours collectif ou session privée ?

Les deux approches sont complémentaires.

Le cours collectif permet de progresser régulièrement, de répéter les fondamentaux et de construire sa pratique dans le temps.

La session privée permet de concentrer le travail sur vous, votre binôme et les points que vous souhaitez particulièrement développer.

Dans les deux cas, l’objectif reste le même : vous donner des bases suffisamment solides pour que votre pratique devienne progressivement plus consciente, plus fluide et plus autonome.

7. Passer de la lecture à la pratique

Si vous souhaitez travailler ces fondamentaux avec moi, vous pouvez choisir le format qui correspond le mieux à votre pratique et à votre manière d’apprendre.

Cours collectifs chez Attache-Moi

Voir les disponibilités des cours collectifs Attache-Moi →

Cours privé avec HwG-Paris à Marseille

Réserver un cours privé de Shibari à Marseille →

Cours privé avec HwG-Paris à Paris

Réserver un cours privé de Shibari à Paris →

Lire permet de comprendre. Pratiquer permet de ressentir. Être corrigé permet de progresser.

Le conseil de HwG

Ne cherchez pas à aller vite.

En Shibari, progresser ne consiste pas à accumuler les figures ou à atteindre la suspension le plus rapidement possible. Les bases que vous travaillez aujourd’hui — tension, posture, gestion de corde, communication et observation — resteront présentes dans tout ce que vous ferez ensuite.

Acceptez de refaire les mêmes gestes, de revenir sur une tension, de défaire une corde et de recommencer. C’est souvent dans cette répétition que la pratique commence réellement à changer.

Une belle figure impressionne quelques secondes. De bonnes bases accompagnent toute une pratique.

Et gardez surtout une chose en tête : la sécurité n’est jamais acquise définitivement. Elle se travaille à chaque séance, avec chaque personne et dans chaque encordement.

Questions fréquentes sur la sécurité en Shibari

Peut-on apprendre le Shibari seul avec des vidéos ou des tutoriels ?

Les vidéos, livres et guides peuvent être d’excellents supports pour comprendre ou revoir certaines notions. Mais ils ne peuvent pas observer votre posture, votre tension ou la manière dont vous gérez réellement votre corde.

Pour construire des bases solides, je recommande donc de compléter ces ressources par un apprentissage pratique avec une personne capable de vous observer et de vous corriger.

Existe-t-il des zones totalement sûres pour placer une corde ?

Je préfère éviter de parler de « zone totalement sûre ». La sécurité dépend du placement, mais aussi de la tension, de la morphologie, de la position du corps, de la durée et de l’évolution de l’encordement.

Le schéma présenté plus haut permet de comprendre certains trajets nerveux importants, mais il ne constitue pas une carte indiquant automatiquement où placer une corde.

Que faire lorsqu’une sensation inhabituelle apparaît ?

Une douleur inhabituelle, un engourdissement, des fourmillements, une perte de sensibilité ou une difficulté de mouvement doivent conduire à réévaluer immédiatement l’encordement.

Modifier ou défaire une corde lorsque quelque chose semble anormal fait pleinement partie de la pratique.

Le consentement concerne-t-il uniquement la personne encordée ?

Non. Le consentement fonctionne dans les deux sens. La personne encordée comme l’encordeur peuvent modifier leurs limites, refuser une évolution de la séance ou décider de l’arrêter.

Tenir les cordes ne signifie jamais renoncer à son propre consentement.

Faut-il toujours avoir des ciseaux de sécurité ?

Oui. Pour moi, une paire de ciseaux de sécurité immédiatement accessible fait partie du matériel de base dès les premières cordes.

Mais posséder des ciseaux ne remplace jamais l’observation, la communication et la capacité à décider rapidement de modifier ou d’interrompre un encordement.

Quand peut-on commencer la suspension ?

Je ne fixe pas un nombre de cours ou de mois universel. Ce qui compte est la maîtrise progressive des fondamentaux nécessaires avant d’ajouter les contraintes de la suspension.

Tension, frictions, gestion de corde, communication, body management et capacité à réagir lorsque quelque chose ne se déroule pas comme prévu doivent déjà être travaillés sérieusement.

Un cours de Shibari est-il utile même si je connais déjà plusieurs figures ?

Oui. Connaître davantage de figures ne signifie pas nécessairement mieux gérer sa tension, sa posture ou sa corde.

Un regard extérieur permet souvent de revenir sur des habitudes déjà installées et de travailler précisément ce qui fait la différence entre reproduire une construction et réellement maîtriser son encordement.

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