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Qu’est-ce que le Shibari ? Origines, Kinbaku et pratique contemporaine

Qu’est-ce que le Shibari ?

Le Shibari désigne aujourd’hui une pratique d’encordement d’influence japonaise dans laquelle la corde peut devenir à la fois un outil de contrainte, de communication, de sensation, d’esthétique et d’expression.

Il n’existe cependant pas une seule manière de pratiquer le Shibari.

Selon les personnes, les écoles et les intentions, la pratique peut être technique, esthétique, sensuelle, érotique, intense, performative ou simplement centrée sur la relation qui se construit entre deux personnes autour de la corde.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je préfère parler d’une pratique vivante plutôt que d’essayer de l’enfermer dans une définition trop stricte.

Pour moi, le Shibari ne se résume pas à attacher un corps. La corde devient un moyen de communiquer, de créer des sensations et de construire quelque chose à deux.

Que signifie le mot Shibari ?

Le terme japonais Shibari (縛り) est lié au verbe shibaru (縛る), qui signifie notamment attacher, lier ou ficeler.

Le mot possède donc en japonais un sens beaucoup plus large que celui qu’il a progressivement acquis dans les communautés occidentales, où « Shibari » est couramment utilisé pour désigner les pratiques de corde japonaises ou inspirées de celles-ci.

Shibari et Kinbaku : est-ce la même chose ?

Les termes Shibari et Kinbaku sont souvent utilisés pour parler de pratiques très proches, parfois même de manière interchangeable. Pourtant, dans ma manière de pratiquer et d’enseigner, je leur apporte une nuance importante.

Pour moi, le Kinbaku, c’est encorder une personne avec une intention.

Cette intention n’a pas besoin d’être érotique ou sexuelle. Elle peut être sensuelle, esthétique, émotionnelle, performative, relaxante, exigeante, intense, hardcore ou prendre encore une tout autre direction.

Ce qui m’intéresse n’est donc pas de définir le Kinbaku par une catégorie particulière de sensations, mais par l’intention que l’on place dans l’encordement et ce que l’on cherche à construire avec la personne encordée.

Une même construction technique peut ainsi produire des expériences complètement différentes selon la tension, le rythme, le toucher, la posture, l’énergie et l’intention avec lesquels elle est réalisée.

Le Kinbaku, ce n’est pas seulement ce que l’on fait avec les cordes. C’est pourquoi et comment on le fait.

Il n’existe cependant pas une définition unique acceptée par tous les pratiquants. Les termes Shibari et Kinbaku peuvent varier selon les écoles, les transmissions et les sensibilités. C’est ici la manière dont je les comprends et les transmets dans ma propre pratique.

Des techniques de contrainte traditionnelles au Shibari contemporain

Lorsque l’on raconte l’histoire du Shibari, le Hojojutsu est presque systématiquement cité. Le rapprochement est compréhensible, mais il mérite d’être nuancé.

Le Hojojutsu désigne un ensemble de techniques traditionnelles japonaises de capture et d’immobilisation par la corde, développées et pratiquées notamment par la classe guerrière des samouraïs.

Il n’existait pas un Hojojutsu unique et uniforme. Les techniques étaient transmises au sein de différentes écoles martiales (ryūha), avec leurs propres méthodes, règles et codifications.

Selon les écoles et les circonstances, la manière d’attacher pouvait notamment varier en fonction de la situation, de la personne capturée, de son statut ou de l’objectif recherché.

La corde n’était donc pas seulement utilisée pour immobiliser. Le choix des attaches, leur disposition et parfois leur apparence pouvaient également répondre à des conventions précises.

Leur fonction restait cependant très différente de celle du Shibari ou du Kinbaku tels que nous les pratiquons aujourd’hui.

Bien avant le Shibari contemporain, le Japon possédait déjà une véritable culture technique et codifiée de l’utilisation de la corde.

Le Hojojutsu appartient donc à l’histoire de la corde au Japon. Cela ne signifie pas pour autant que le Shibari contemporain en soit simplement la continuation directe.

Une transformation progressive des usages de la corde

Le passage de la corde utilisée comme moyen de contrainte à la corde utilisée dans des contextes artistiques, érotiques, performatifs, sensoriels ou relationnels ne s’est pas produit en une seule étape.

Au Japon, l’illustration, la photographie, les magazines, le cinéma, la vidéo, les salons privés et la scène vont progressivement contribuer à transformer la représentation du corps encordé et les usages de la corde.

Mais l’évolution du Shibari contemporain ne peut pas être expliquée uniquement par son histoire japonaise.

Sa diffusion internationale, puis sa vulgarisation et sa réinterprétation par les pratiquants occidentaux, ont également profondément participé à sa transformation.

Les contextes culturels, les manières d’enseigner, les morphologies, les pratiques BDSM, la photographie, la performance puis Internet et les réseaux sociaux ont contribué à faire évoluer les pratiques, le matériel et les différentes manières d’aborder la corde.

Il est donc plus juste de considérer le Shibari contemporain comme une pratique vivante qui s’est transformée au fil des époques, des cultures et des transmissions, plutôt que comme une tradition japonaise restée figée et simplement exportée vers l’Occident.

Des figures différentes, des voies différentes

L’histoire du Kinbaku moderne ne peut pas être racontée à travers une seule personne. Plusieurs artistes, bakushi, auteurs, éditeurs et performers ont contribué à son évolution, parfois en développant des approches très différentes les unes des autres.

Itō Seiu, au début du XXe siècle, occupe une place importante dans l’évolution de l’imaginaire visuel autour du corps contraint. Son travail artistique et ses représentations ont participé à faire évoluer la manière dont la corde pouvait être montrée.

Minomura Kō joue ensuite un rôle majeur dans les années 1950 et 1960. Artiste, auteur, éditeur et bakushi, il participe notamment au développement d’une véritable culture éditoriale du Kinbaku à travers les magazines, les illustrations et la photographie.

Osada Eikichi ouvre une autre voie : celle de la scène. Le Kinbaku devient également une performance réalisée devant un public, avec tout ce que cela implique en matière de rythme, de présence et de mise en scène.

Nureki Chimuo contribue profondément à une autre sensibilité. Autour de son travail, des publications, de la vidéo et du Kinbiken, l’attention peut davantage se porter sur le modèle, son expression et la beauté produite par l’encordement plutôt que sur la seule démonstration technique.

Akechi Denki développe quant à lui une approche particulièrement spectaculaire et technique. Ses performances et sa manière de travailler la corde influenceront fortement plusieurs générations de pratiquants, au Japon comme à l’étranger.

Yukimura Haruki ouvre encore une autre direction. Son travail évolue progressivement vers une corde davantage centrée sur la proximité, le toucher, la communication et les sensations. Son approche sera notamment associée à l’Aibunawa, parfois décrite comme une corde qui caresse.

D’autres figures comme Naka Akira, ainsi que de nombreux bakushi, modèles, photographes et artistes, poursuivront ensuite ces transformations et développeront leurs propres sensibilités.

Il n’existe pas un seul Kinbaku. Son histoire est aussi celle de personnes qui ont utilisé la corde pour ouvrir des voies différentes.

De la technique à l’intention

Ces différentes approches montrent quelque chose qui me paraît essentiel : une même corde et parfois une même construction peuvent servir des intentions radicalement différentes.

L’une peut rechercher la performance et le spectaculaire. Une autre la proximité. Une autre encore l’esthétique, l’intensité, la contrainte, la sensualité, le jeu, la relaxation ou une expérience beaucoup plus hardcore.

C’est précisément pour cette raison que je définis le Kinbaku comme le fait d’encorder une personne avec une intention. La technique constitue un langage, mais elle ne définit pas à elle seule ce que l’on choisit d’exprimer avec ce langage.

Les techniques se transmettent. Les styles évoluent. L’intention donne une direction à la corde.

Quand l’Occident s’approprie et transforme le Shibari

Lorsque le Shibari commence à se diffuser plus largement en dehors du Japon, il ne voyage pas comme une pratique figée.

Les pratiquants occidentaux découvrent des techniques, des styles et des sensibilités issus de différentes transmissions japonaises, puis les intègrent progressivement à leurs propres cultures de la corde, du BDSM, de la performance, de la photographie et de l’enseignement.

Cette rencontre va contribuer à une vulgarisation considérable du Shibari, mais également à sa transformation.

D’une transmission confidentielle à une pratique beaucoup plus accessible

Pendant longtemps, accéder à certaines connaissances impliquait de rencontrer des pratiquants expérimentés, de voyager, d’assister à des performances ou de disposer de publications difficiles à trouver hors du Japon.

La multiplication des workshops internationaux, des écoles, des communautés de pratique puis des contenus disponibles en ligne a profondément changé cette situation.

Le Shibari devient progressivement accessible à un public beaucoup plus large. Des personnes qui n’auraient probablement jamais rencontré cette pratique quelques décennies auparavant peuvent désormais la découvrir, prendre des cours et rencontrer des enseignants dans de nombreux pays.

La vulgarisation a permis au Shibari de sortir de cercles relativement restreints. Elle a aussi changé la manière dont il est appris, montré et pratiqué.

L’enseignement occidental participe lui aussi à cette évolution

En se développant en Occident, le Shibari s’est progressivement structuré autour de cours, de workshops, de programmes pédagogiques et de communautés qui n’existaient pas nécessairement sous cette forme dans les transmissions dont ils s’inspiraient.

Pour rendre certaines connaissances accessibles à davantage de pratiquants, les techniques sont expliquées, découpées, nommées et organisées en progressions pédagogiques.

Cette codification facilite énormément l’apprentissage, mais elle transforme également la manière dont la pratique est transmise.

On peut apprendre une construction étape par étape. Mais, comme je le répète souvent dans mes cours, connaître une construction ne signifie pas encore savoir encorder. La tension, le rythme, les sensations et l’intention restent difficiles à enfermer dans une succession d’étapes.

Le matériel évolue avec les pratiques

Cette évolution se retrouve également dans le matériel.

Les cordes utilisées en Occident sont aujourd’hui couramment proposées dans des longueurs comme 8, 10 ou 12 mètres, notamment pour répondre à différentes constructions, pratiques et morphologies.

De nouveaux équipements, accessoires et solutions de suspension se sont également développés autour de la pratique contemporaine.

Ces évolutions ne rendent pas une approche meilleure qu’une autre. Elles montrent simplement qu’une pratique vivante s’adapte aux personnes qui la pratiquent et au contexte dans lequel elle évolue.

Internet change complètement la transmission

Internet puis les réseaux sociaux ont accéléré cette transformation de manière spectaculaire.

Techniques, performances, photographies et styles autrefois difficiles d’accès circulent désormais presque instantanément entre pratiquants du monde entier.

Cette ouverture permet de découvrir une diversité extraordinaire d’approches. Elle favorise également les mélanges : un pratiquant peut aujourd’hui être influencé par plusieurs enseignants, plusieurs styles et plusieurs cultures de la corde.

Mais cette facilité d’accès possède aussi une limite : voir beaucoup de Shibari ne signifie pas nécessairement comprendre ce que l’on voit.

Une photographie montre une forme. Une vidéo montre un mouvement. Elles montrent beaucoup plus difficilement la tension, les sensations, la communication ou l’intention qui existent derrière l’encordement.

Le Shibari contemporain porte une histoire japonaise, mais aussi toutes les transformations produites par sa diffusion, ses transmissions et les cultures qui se le sont approprié.

Le Shibari aujourd’hui : une pratique, plusieurs intentions

Aujourd’hui, le Shibari est pratiqué partout dans le monde et recouvre des approches extrêmement différentes.

Deux personnes peuvent utiliser les mêmes cordes, connaître les mêmes constructions et pourtant proposer des expériences qui n’ont presque rien en commun.

Cette différence vient évidemment de la technique et du style, mais surtout de l’intention avec laquelle la corde est utilisée.

La corde comme langage

Une séance peut rechercher la proximité et la douceur. Une autre peut être très graphique et esthétique. Certaines sont construites autour de la sensualité ou de l’érotisme, d’autres autour de la contrainte, de l’intensité, de la relaxation, de la performance ou d’un jeu beaucoup plus hardcore.

Et ces intentions ne sont pas nécessairement figées. Une même séance peut évoluer, changer de rythme et passer par plusieurs registres.

C’est là que la corde devient pour moi davantage qu’un outil permettant de réaliser une construction : elle devient un langage entre l’encordeur et la personne encordée.

Une même corde peut rassurer, contraindre, provoquer, envelopper, mettre en valeur ou bousculer. Tout dépend de l’intention avec laquelle elle est utilisée.

Le Shibari est-il forcément sexuel ?

Non.

Le Shibari peut parfaitement s’inscrire dans un contexte érotique ou sexuel, mais ce n’est qu’une possibilité parmi beaucoup d’autres.

Une séance peut être centrée sur les sensations, la confiance, la contrainte, l’esthétique, la performance, la photographie, la relaxation, l’émotion ou simplement le plaisir de travailler la corde ensemble.

Ce qui importe est que l’intention et le cadre soient compris et consentis par les personnes qui participent à la séance.

Technique, tension et sensations

Avec l’expérience, la technique devient progressivement un moyen plutôt qu’une finalité.

J’ai l’habitude de dire à mes élèves que le Shibari, c’est 30 % de technique et 70 % de tension. Et lorsque la technique devient réellement intégrée, je vais encore plus loin : 10 % de technique et 90 % de sensations.

Ce ne sont évidemment pas des proportions mathématiques. Elles expriment simplement ma manière de pratiquer et d’enseigner : la technique est indispensable, mais elle doit progressivement laisser de la place à l’écoute, au toucher, au rythme, à la communication et à ce qui se passe entre les deux personnes.

La technique construit la possibilité. L’intention donne la direction. Les sensations donnent vie à l’encordement.

Comment découvrir le Shibari aujourd’hui ?

Découvrir l’histoire et les différentes sensibilités du Shibari permet de mieux comprendre la pratique. Mais vient ensuite une question beaucoup plus concrète : comment commencer ?

Je conseille de ne pas chercher immédiatement à reproduire les encordements les plus complexes ou les suspensions que l’on voit en photographie et sur les réseaux sociaux.

Commencez par comprendre les fondamentaux : consentement, communication, gestion de la corde, tensions, frictions, posture et observation de la personne encordée.

Commencer avec peu de matériel

Il n’est pas nécessaire d’accumuler les accessoires pour faire ses premières expériences avec la corde.

Quelques cordes adaptées et une paire de ciseaux de sécurité constituent déjà l’essentiel pour commencer à apprendre.

J’ai regroupé mes recommandations dans le guide du matériel pour débuter le Shibari : nombre de cordes, longueur, ciseaux de sécurité, rangement et accessoires réellement utiles.

Comprendre la sécurité avant de chercher la complexité

Le Shibari implique des contraintes physiques et demande de comprendre les risques associés à la corde, aux tensions et au positionnement sur le corps.

Notre page Sécurité en Shibari : les bases à connaître avant d’attacher aborde notamment le consentement dans les deux sens, les principaux risques, les nerfs périphériques, les sensations inhabituelles et la progression avant la suspension.

Commencer le Shibari ne consiste pas à apprendre le plus de figures possible. Il s’agit d’abord d’apprendre à utiliser la corde avec conscience.

Apprendre avec quelqu’un

Les ressources en ligne permettent aujourd’hui de découvrir énormément de techniques et de styles. Elles restent néanmoins incapables de sentir votre tension, d’observer précisément votre gestuelle ou de corriger ce que vous faites pendant que vous attachez.

C’est pour cette raison que je recommande, lorsque cela est possible, de compléter les ressources théoriques par un apprentissage pratique accompagné.

Dans mes cours, je ne cherche pas uniquement à transmettre des constructions. Je travaille surtout la tension, la gestion de corde, la posture, la communication et progressivement la capacité à donner une intention à ce que l’on fait.

On peut apprendre une figure sur un écran. Apprendre à encorder demande de travailler avec des corps, des cordes et des sensations réelles.

Découvrir et apprendre le Shibari avec HwG et Elata

Notre manière d’enseigner le Shibari s’est construite avec notre pratique, nos rencontres, nos influences et les années passées à travailler la corde en cours, en session et en performance.

Nous enseignons des techniques, des principes, des tensions et des intentions. Nous transmettons des outils qui permettent de comprendre comment fonctionne un encordement, comment la corde réagit et comment une même construction peut être utilisée de manières très différentes.

Mais notre objectif n’est pas que nos élèves reproduisent notre manière d’encorder.

Nous voulons qu’ils apprennent ces techniques, qu’ils les comprennent, puis qu’ils se les approprient progressivement pour construire leur propre Shibari.

Apprendre une technique pour pouvoir ensuite s’en détacher

Au début, il est normal de reproduire. On apprend un trajet, une friction, une tension, une construction et une manière de positionner son corps ou ses mains.

Mais cette reproduction n’est pour nous qu’une étape de l’apprentissage.

Lorsque la technique commence à être intégrée, l’élève peut progressivement la modifier, l’adapter à la personne qu’il encorde, changer son rythme, jouer avec les tensions et lui donner une autre intention.

C’est à ce moment que la créativité commence réellement à prendre sa place.

Nous vous enseignons des techniques pour que vous puissiez, un jour, ne plus avoir besoin de reproduire les nôtres.

Construire son propre langage de corde

Deux élèves qui apprennent exactement la même technique ne devraient pas nécessairement produire le même Shibari quelques années plus tard.

Chacun arrive avec sa personnalité, sa sensibilité, sa créativité, ses expériences, ses partenaires et les intentions qu’il souhaite donner à sa pratique.

Certains développeront une corde très graphique. D’autres rechercheront davantage les sensations, la proximité, la contrainte, la performance, la fluidité, l’intensité ou le jeu.

La technique donne une base commune. Ce que chacun décide ensuite d’en faire construit progressivement son identité de rigger.

Apprendre le Shibari, ce n’est pas apprendre à encorder comme son professeur. C’est acquérir suffisamment d’outils pour commencer à encorder comme soi-même.

Cours collectifs chez Attache-Moi

À Attache-Moi, près de Marseille, les cours collectifs permettent d’acquérir ces bases, de les répéter, de les comprendre puis progressivement de commencer à les utiliser avec davantage de liberté.

Voir les disponibilités des cours collectifs Attache-Moi →

Cours privés avec HwG-Paris

En cours privé, ce travail peut être encore davantage adapté à votre pratique : reprendre une technique, travailler votre tension, développer votre gestuelle ou chercher comment transformer ce que vous connaissez déjà pour construire quelque chose de plus personnel.

Réserver un cours privé de Shibari à Marseille →

Réserver un cours privé de Shibari à Paris →

Le conseil de HwG

Apprenez les techniques. Répétez-les. Comprenez pourquoi elles fonctionnent et ce qu’elles produisent sur la personne que vous encordez.

Mais ne cherchez pas éternellement à reproduire le Shibari de quelqu’un d’autre.

Inspirez-vous de différents enseignants, de différentes écoles et de différentes sensibilités. Gardez ce qui vous parle, confrontez-le à votre pratique et laissez progressivement votre créativité prendre sa place.

Avec le temps, votre tension, votre gestuelle, votre rythme, vos intentions et votre manière de communiquer avec la corde commenceront naturellement à vous appartenir.

La technique s’apprend. L’intention se construit. La créativité permet d’en faire votre propre Shibari.

Respecter les transmissions ne signifie pas les figer. Le Shibari s’est toujours transformé à travers les personnes qui l’ont pratiqué, transmis et réinterprété. À vous, avec le temps et l’expérience, de trouver ce que vous souhaitez raconter avec vos cordes.

Questions fréquentes sur le Shibari et le Kinbaku

Qu’est-ce que le Shibari ?

Le Shibari désigne aujourd’hui une pratique d’encordement d’influence japonaise. Selon les personnes et les intentions, la corde peut devenir un outil de contrainte, de communication, de sensation, d’esthétique, de performance ou d’expression.

Quelle différence entre Shibari et Kinbaku ?

Les deux termes sont parfois utilisés de manière interchangeable et leurs définitions varient selon les écoles et les transmissions.

Dans ma pratique, j’apporte une nuance particulière : le Kinbaku, c’est encorder une personne avec une intention. Cette intention peut être sensuelle, esthétique, émotionnelle, performative, relaxante, intense, sexuelle, hardcore ou prendre une tout autre direction.

Le Shibari vient-il directement du Hojojutsu ?

Il est plus juste d’éviter une filiation aussi directe. Le Hojojutsu appartient à l’histoire japonaise des techniques de capture et d’immobilisation par la corde et constitue une influence importante dans l’histoire de la corde au Japon.

Le Shibari et le Kinbaku contemporains résultent cependant de nombreuses transformations, transmissions et réinterprétations intervenues ensuite au Japon puis à l’international.

Le Hojojutsu était-il pratiqué par les samouraïs ?

Le Hojojutsu regroupe des techniques traditionnelles de capture et d’immobilisation par la corde développées et pratiquées notamment par la classe guerrière des samouraïs.

Il n’existait pas une technique unique : différentes écoles martiales japonaises possédaient leurs méthodes, leurs règles et leurs codifications.

Le Shibari est-il forcément sexuel ou érotique ?

Non. Il peut parfaitement s’inscrire dans un contexte sexuel, sensuel ou érotique, mais il peut aussi être esthétique, performatif, émotionnel, relaxant, intense, centré sur la contrainte ou simplement sur la relation créée autour de la corde.

L’essentiel est que l’intention et le cadre soient compris et consentis par les personnes concernées.

Existe-t-il un seul style de Shibari ?

Non. L’histoire du Kinbaku et du Shibari est justement marquée par différentes sensibilités, transmissions et personnalités qui ont développé des approches parfois très différentes.

Cette diversité continue aujourd’hui : technique, esthétique, tension, rythme, sensations et intention peuvent produire des pratiques très personnelles.

Comment commencer à apprendre le Shibari ?

Je conseille de commencer par les fondamentaux : consentement, communication, sécurité, gestion de corde, tensions, frictions et posture, avant de chercher la complexité ou la suspension.

Vous pouvez commencer par notre guide du matériel pour débuter le Shibari et notre guide consacré à la sécurité en Shibari.

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